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La vie de Ada - Récit 37 - Après -



Musique : Ludovico Einaudi - Run

Photo by Jane Duursma

Le ciel est rouge dans le matin d'hiver. Ada gît sur le sol glacé. Hannah hurle et serre de toutes ses forces le petit corps inerte contre sa poitrine. Ses mains tremblent de terreur. Elle sent qu'on la bouscule et des hurlements la forcent à avancer. Il faut quitter Ada, partir sans elle, continuer, un peu plus loin ...


Ada baisse les yeux vers le sol. Il n'est plus. Disparu. Envolé lui aussi le froid glacial du camp. A la place, une douce chaleur a envahi son corps et elle le sent maintenant flotter, porté dans une brume cotonneuse qui l'emporte loin de l'univers des hommes et de la guerre.


La grisaille du camp a elle aussi disparu et le paysage autour d'elle rivalise de couleurs. Les verts des végétaux contrastent avec les bleus de l'eau et du ciel. Les planètes au-dessus d'elle, éclaboussent le décor de leurs rayons jaunes et rouges. Ici, tout parle, tout communique : chaque brin d'herbe, chaque feuille, chaque arbre, chaque gouttelette d'eau ... Tout est vie. Et tout ne forme qu'un seul "Tout". Il est si facile de s'y fondre, s'y confondre ou s'y mélanger. On peut devenir herbe en une seule pensée, ressentir la glace de l'eau fondre sous les rayons du soleil, jouer avec les feuilles des arbres et ressentir la caresse du vent, c'est tellement amusant ...


Ada regarde son corps. En position allongée, il se meut à toute vitesse. Ses pieds semblent la guider vers une destination inconnue. Ce n'est pas effrayant du tout et d'ailleurs elle croit bien reconnaître le chemin ... Elle le sait : il conduit à sa maison et elle l'a déjà emprunté des milliers de fois.


Les magnifiques paysages ont laissé place à des brumes transparentes entourant un tunnel blanc. C'est bien là qu'elle semble aller. Elle n'a rien à faire, rien à penser, rien à décider. Tout semble parfaitement organisé. Il suffit de fermer les yeux et se laisser guider.


Le petit corps de Ada s'est soudain immobilisé. Il n'avance plus et semble suspendu dans l'air, comme en lévitation. Elle lève les yeux. Au-dessus d'elle, une force lumineuse semble la regarder ... D'elle dardent de fortes lueurs. Telles des lances, elles semblent vouloir entrer au plus profond de son cœur. Elle sent la chaleur pénétrer sa poitrine. Cela ne fait pas mal et c'est plutôt agréable. C'est un peu comme une douche de lumière qui entre au plus profond de soi.


Le temps s'est arrêté. Le temps a disparu. Il n'existe plus. Ada a revêtu son corps de lumière. Elle a baissé les yeux vers sa poitrine. Du fond de son cœur, elle y a vu une magnifique rose rouge, qui dardait ses pétales humides sous la rosée de ce nouveau jour ...

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